Un travail publié hier dans les colonnes du British Medical Journal fait envisager une augmentation de 52% du risque de mortalité cardiovasculaire chez les malades dont la BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) serait traitée par un médicament de référence – le tiotropium – administré au moyen d’un brumisateur (Spiriva® Respimat®) et non d’un inhalateur classique. Selon l’OMS, plus de 80 millions de patients dans le monde sont atteints de BPCO. En 2030, cette maladie chronique évolutive et irréversible devrait être la 3e cause de mortalité dans le monde. L’information est inquiétante. Est-elle avérée, nouvelle ?
Comme le soulignent les deux fabricants dans un communiqué conjoint, la méta-analyse de Sonal Singh et ses co-auteurs est fondée sur des données connues et publiées de longue date. Elle prend en compte 6 500 patients et fait suite à une méta-analyse– par Singh lui-même – de septembre 2008. Ce n’est pas surprenant : pour le Dictionnaire sceptique du Québec, une méta-analyse « regroupe les résultats de plusieurs études, pas nécessairement fructueuses, pour les analyser ensemble comme une seule grande recherche. » Du coup, il serait « théoriquement possible de procéder à 100 expériences sur de petits échantillons, toujours avec des résultats négatifs, tandis qu’une méta-analyse des mêmes données pourrait produire des résultats statistiquement signifiants ».